Le marché de l’occasion en France vous donne des boutons ? Votre portefeuille vous supplie de trouver une solution pour un bolide à la fois fiable et abordable ? L’Allemagne, ce pays de l’ingénierie automobile et des autobahns illimitées, vous tend les bras comme une promesse de bonnes affaires. On se dit : « Tiens, et si ma prochaine voiture venait d’outre-Rhin ? Moins chère, mieux entretenue, et avec ce petit je-ne-sais-quoi de « Deutsche Qualität » qui fait rêver ! » Mais attention, derrière les promesses alléchantes, se cache parfois une jungle administrative et des pièges dignes d’une cour de récréation de mécanos. Entre les formalités à n’en plus finir, le spectre des compteurs trafiqués, ou ce fameux malus écologique qui peut vous tomber dessus comme une averse surprise un jour de grand soleil, l’aventure peut vite se transformer en casse-tête mécanique. Est-ce vraiment un Eldorado de l’occasion ou une simple illusion bien huilée ? Pas de panique ! Comme une bonne vieille clé à molette multifonction, cet article est là pour vous guider, démonter les mythes, et vous fournir les astuces pour dénicher votre perle rare sans vous faire rouler dans la farine. Attachez votre ceinture, on décrypte tout !
En bref :
- 🇩🇪 Le marché allemand offre des prix jusqu’à 30% moins chers et un choix de modèles inégalé.
- 🔧 Les véhicules d’occasion allemands sont souvent réputés pour leur entretien rigoureux et leur bon état général.
- 🖥️ Pour votre recherche, les plateformes comme mobile.de et AutoScout24.de sont des mines d’or.
- 🔍 Une vérification méticuleuse du VIN, du TUV et du Scheckheft est indispensable pour éviter les arnaques.
- 📝 Les démarches administratives pour l’importation et l’immatriculation en France (COC, Quitus fiscal, ANTS) demandent rigueur et patience.
- 💰 Attention au malus écologique et aux pièges comme la TVA ou les véhicules accidentés « maquillés ».
Le mythe de la « Deutsche Qualität » : Vraiment une aubaine pour l’occasion ?
Ah, la « Deutsche Qualität » ! Rien que le nom fait briller les yeux des passionnés de mécanique et des conducteurs avisés. C’est un peu le Graal de l’automobile, le « made in Germany » étant synonyme de robustesse et de fiabilité. Mais est-ce que ce rêve perdure quand on parle d’occasion ? Faut-il vraiment se jeter sur la première Audi ou BMW croisée après le Rhin ? Il semblerait que oui, en partie du moins ! Le marché allemand, c’est un peu le supermarché de la voiture d’occasion en Europe. Avec plus de 6 millions de véhicules qui changent de main chaque année, le choix est vaste, et les prix… eh bien, ils sont souvent à tomber par terre, avec des économies qui peuvent aller de 15 à 30 % par rapport à ce que vous trouveriez en France.
Pourquoi l’Allemagne séduit-elle les chasseurs de bonnes affaires motorisées ?
L’attrait des véhicules allemands d’occasion ne se limite pas à leur réputation légendaire. C’est un mélange de facteurs qui pousse des dizaines de milliers de Français à traverser la frontière. Prenez une BMW Série 3 F30 de 2019 avec 80 000 km : elle se négocie autour de 18 000 euros chez nos voisins, quand elle dépasse allègrement les 22 000 euros en France. L’écart est significatif et s’explique notamment par le volume colossal de l’offre outre-Rhin. Une offre abondante entraîne une concurrence féroce, et donc des prix tirés vers le bas. Et si vous êtes fan des motorisations diesel, longtemps très populaires en Allemagne, sachez qu’elles affichent des décotes encore plus marquées suite aux restrictions de circulation dans certaines villes.
Mais ce n’est pas tout ! La diversité des modèles est également un argument de poids. Vous cherchez un Volkswagen Tiguan R-Line avec toit panoramique et suspension adaptative ? Ou une Mercedes Classe C AMG Line avec le pack éclairage Multibeam ? Ces configurations, rares chez nos concessionnaires, se trouvent plus facilement en Allemagne. L’ingénierie allemande est à la pointe depuis des lustres, investissant des milliards dans la recherche et le développement. Pas étonnant de trouver des moteurs qui consomment moins de 3 litres aux 100 ou des pionniers de la conduite assistée. C’est ce dynamisme qui garantit une offre constamment renouvelée et de qualité. En somme, pour les amoureux des belles mécaniques, c’est un peu Noël avant l’heure !
Au-delà du folklore : L’entretien allemand, un gage de longévité pour votre future auto ?
La question de la fiabilité des voitures d’occasion importées est souvent liée à l’endroit d’où elles proviennent. Un peu comme une Volvo suédoise pourrait souffrir de la corrosion à cause des hivers rigoureux, ou une Fiat italienne voir ses couleurs ternir sous un soleil ardent, les véhicules allemands semblent bénéficier d’un traitement de faveur. Le pays bénéficie de routes en excellent état et d’un climat tempéré qui ménage les carrosseries et les châssis. Mais au-delà des conditions climatiques, c’est une véritable culture de l’entretien qui règne.
Les Allemands sont réputés pour le soin qu’ils apportent à leurs véhicules. Le fameux Scheckheft (carnet d’entretien) est généralement scrupuleusement tamponné chez le concessionnaire à chaque révision. Un véhicule avec un Scheckheft complet se revend plus cher en Allemagne, ce qui incite les propriétaires à suivre le plan d’entretien à la lettre. Les intervalles de révision sont souvent plus courts qu’en France, garantissant une meilleure longévité. Cette rigueur, c’est un peu le secret de la « Deutsche Qualität » : non seulement les voitures sont bien construites, mais elles sont aussi bichonnées ! C’est un argument de taille pour ceux qui cherchent à choisir un moteur d’occasion en pleine forme et éviter les mauvaises surprises. La Mercedes, par exemple, a une telle réputation que ses concessionnaires sont tenus de ne jamais laisser un véhicule en panne sur le bord des routes européennes. Ça, c’est de la qualité de service !
Les plateformes d’annonces allemandes : Votre terrain de chasse numérique
Maintenant que vous êtes convaincu que l’Allemagne pourrait bien receler votre future monture, il est temps de passer à la chasse ! Et pour cela, il faut savoir où fouiner. Oubliez votre Leboncoin habituel ; chez nos voisins germaniques, ce sont d’autres plateformes qui font la loi. Mais attention, toutes ne se valent pas et chacune a ses petites particularités. C’est comme choisir entre une clé à pipe et une clé à molette : elles servent toutes les deux à desserrer, mais pas de la même manière !
mobile.de et AutoScout24.de : Vos bibles pour la quête de la perle rare
Si vous cherchez la crème de la crème des annonces auto en Allemagne, deux noms résonnent comme des prières pour les chasseurs de bonnes affaires : mobile.de et AutoScout24.de. mobile.de est le leader incontesté, le roi du pétrole si vous voulez, avec plus de 1,4 million d’annonces en permanence. Son interface est même disponible en français, ce qui facilite grandement la navigation si votre allemand se limite à « Guten Tag » et « Danke schön ». Les filtres sont d’une précision chirurgicale : vous pouvez affiner votre recherche par motorisation, finition, couleur intérieure, nombre de propriétaires précédents, et même par équipements spécifiques. Les vendeurs professionnels (Handler) sont clairement identifiés par un badge, ce qui est une bonne chose pour la réassurance, bien que les particuliers représentent environ 30% des offres.
Juste derrière, on trouve AutoScout24.de, avec environ 1 million d’annonces. L’avantage ici, c’est que la plateforme couvre aussi l’Autriche, la Suisse et l’Italie, vous permettant d’élargir votre horizon de recherche à toute l’Europe depuis une seule interface. Et pour les amateurs de belles photos, AutoScout24 impose des standards de qualité aux vendeurs professionnels, garantissant des clichés plus alléchants que sur certaines autres plateformes. Pour bien faire vos recherches, n’hésitez pas à utiliser quelques termes allemands qui peuvent débloquer des annonces spécifiques : « Unfallfrei » (sans accident), « Scheckheftgepflegt » (entretien suivi chez le concessionnaire) ou « TUV neu » (contrôle technique récent). Et si un vendeur se montre réticent à vous envoyer des photos supplémentaires ou le numéro VIN, méfiance ! C’est un signal d’alarme, ni plus ni moins.
Kleinanzeigen (ex-eBay Kleinanzeigen) : Le Bon Coin version teutonne, avec ses joies et ses risques
Et puis, il y a Kleinanzeigen, l’équivalent de notre Bon Coin national. C’est là que l’on peut parfois dénicher les prix les plus bas, un peu comme trouver une pièce rare dans une brocante. Cependant, comme toute bonne affaire qui sent un peu le soufre, les risques sont aussi plus élevés. Ici, les protections pour l’acheteur sont moindres, il n’y a pas de badge « vendeur professionnel », et les annonces peuvent parfois être… disons, approximatives. Si vous avez un petit budget (moins de 5 000 euros) et que vous êtes prêt à vous déplacer pour inspecter le véhicule en personne, ça peut valoir le coup d’œil. Mais n’oubliez pas : prudence est mère de sûreté, surtout quand il s’agit de voitures d’occasion à bas prix.
La mécanique de la vérification : Avant de claquer le bec au vendeur
Vous avez repéré la voiture de vos rêves, elle a l’air de cocher toutes les cases sur l’annonce. Mais attention, c’est là que la mécanicienne en moi prend le dessus ! L’écart de prix, si tentant soit-il, ne vaut la peine que si le véhicule est en parfait état. Il est crucial d’effectuer des vérifications rigoureuses, un peu comme un contrôle technique avant l’heure. C’est le moment de sortir votre casquette d’enquêteur et de ne rien laisser passer. On ne voudrait pas que votre « bonne affaire » se transforme en gouffre financier à la première visite au garage, n’est-ce pas ?
Le VIN : La carte d’identité de votre future monture, à ne pas prendre à la légère
Le VIN, ou Vehicle Identification Number, est bien plus qu’une suite de chiffres et de lettres ; c’est la carte d’identité unique et infalsifiable de votre future voiture. Il doit figurer sur la plaque constructeur, sur le pare-brise, sur la carte grise allemande (Fahrzeugschein) et, bien sûr, dans le compartiment moteur. La règle d’or ? Tous ces numéros doivent ABSOLUMENT correspondre. Si ce n’est pas le cas, c’est un drapeau rouge géant, un signal d’alarme majeur qui crie au loup : le véhicule pourrait être volé, ou pire, être un assemblage de plusieurs voitures (ce qu’on appelle une « Franken-voiture » dans le jargon, et personne ne veut de ça !).
Décrypter le VIN permet de vérifier la correspondance entre les spécifications annoncées par le vendeur et la réalité. Ce petit code révèle tout : le pays de fabrication, le constructeur, le modèle précis, l’année de production, la motorisation et même l’usine d’assemblage. Imaginez un vendeur qui vous vante un moteur 2.0 TDI 150 ch alors que le VIN indique un 1.6 TDI 115 ch… vous auriez l’air un peu bête au contrôle technique français ! Heureusement, des outils comme le décodeur VIN Automano existent pour vous donner instantanément toutes ces informations. C’est un réflexe à avoir avant même de prendre la route pour l’Allemagne.
TUV et Scheckheft : Les témoins d’une vie bien rangée, ou d’un passé trouble ?
En Allemagne, le contrôle technique s’appelle la Hauptuntersuchung (HU), et il est réalisé tous les deux ans par des organismes comme le TUV ou DEKRA. Ce rapport est votre meilleur ami : il mentionne l’état du véhicule et le kilométrage relevé. Exigez toujours une copie du dernier rapport HU. Vérifiez que la date est récente (idéalement moins de 6 mois) et que le kilométrage est cohérent avec celui affiché au compteur. Le TUV allemand est réputé plus strict que le CT français sur certains points, notamment la corrosion et les émissions. Un véhicule qui a passé le TUV récemment est donc un excellent signe. Mais attention : le TUV ne couvre pas les mêmes points que notre contrôle technique français. Vous devrez quand même en passer un après l’importation.
Quant au Scheckheft, c’est le carnet d’entretien tamponné par le concessionnaire ou le garage agréé. Chaque révision y est consignée avec la date, le kilométrage et les travaux réalisés. Un Scheckheft complet (luckenlos) est un argument de vente majeur en Allemagne et une preuve de bon soin. Vérifiez la cohérence des dates et des kilométrages entre les tampons. Un véhicule qui roulait 20 000 km par an pendant 5 ans, puis soudainement seulement 3 000 km la sixième année, cela mérite une explication claire. N’hésitez pas à appeler le dernier garage mentionné pour confirmer les informations ! C’est un détail qui peut vous éviter bien des vices cachés.
Le kilométrage : Le vrai-faux ami des bonnes affaires, attention aux arnaques !
Ah, le kilométrage ! C’est le nerf de la guerre, le chiffre qui fait rêver ou cauchemarder. Et c’est aussi, malheureusement, l’une des arnaques les plus courantes sur les véhicules importés d’Allemagne. Selon la police allemande elle-même, un véhicule d’occasion sur trois vendu en Allemagne aurait subi une manipulation du compteur. Pour les exports, le risque est encore plus grand car les acheteurs étrangers ont plus de difficultés à vérifier l’historique complet. C’est la roulette russe des chiffres, et personne n’aime ça !
Pour éviter de vous faire avoir, croisez les informations du kilométrage avec le Scheckheft, le rapport TUV et toutes les factures d’entretien disponibles. Calculez la moyenne annuelle : un véhicule particulier parcourt en moyenne 12 000 à 15 000 km par an en Allemagne. Un kilométrage anormalement bas pour l’âge du véhicule doit absolument vous alerter. Si une Audi V8 de 2015 affiche 50 000 km, alors que le décompte logique la placerait plus autour des 120 000 km, c’est qu’il y a anguille sous roche. Ne vous laissez pas bercer par la douce mélodie d’un chiffre trop beau pour être vrai.
La paperasse, c’est l’aventure : Immatriculer votre bête en France
Félicitations, votre future voiture allemande est en vue, et vous avez (normalement !) déjoué tous les pièges d’inspection. Mais l’aventure ne s’arrête pas là ! L’importation d’un véhicule d’Allemagne vers la France est un parcours administratif semé d’embûches, qui demande autant de patience que de précision. Comptez entre 2 et 4 semaines pour boucler toutes les étapes. C’est le moment de préparer vos dossiers et d’aiguiser votre stylo, car la paperasse, c’est la loi !
Les documents clés pour une transition en douceur : COC, Quitus et CT
Pour que votre belle allemande puisse rouler légalement sur nos routes françaises, plusieurs documents sont indispensables. Le premier, et non des moindres, est le Certificat de Conformité Européenne (COC). Ce précieux sésame atteste que votre véhicule est conforme aux normes européennes et est exigé pour l’immatriculation en France. Demandez-le au vendeur avant l’achat ; si Monsieur « Je n’ai pas le COC » ne l’a pas, vous devrez le commander auprès du constructeur. Le coût varie de 100 à 300 euros selon la marque, avec un délai qui peut aller de 2 à 6 semaines. Sans COC, bonjour la Réception à Titre Isolé (RTI) à la DREAL, une procédure plus longue, plus coûteuse (environ 500 euros) et qui implique une visite technique supplémentaire. Autant dire, une jolie galère à éviter !
Ensuite, il y a le quitus fiscal. Ce document, délivré par le service des impôts (SIE) de votre domicile, prouve que la TVA a bien été payée. Bonne nouvelle si le véhicule a plus de 6 mois ET plus de 6 000 km et que vous l’avez acheté à un particulier allemand : la TVA n’est pas due en France (régime de la marge), et le quitus est gratuit. Si vous achetez à un professionnel allemand avec une facture TTC (TVA allemande incluse), c’est pareil. Par contre, si vous achetez HT à un professionnel, préparez-vous à sortir le chéquier pour la TVA française de 20% au SIE. Enfin, votre véhicule devra passer un contrôle technique français dans les 6 mois suivant l’importation, même s’il a un TUV allemand récent. Prenez rendez-vous rapidement, les délais peuvent être longs ! Pour plus de détails sur les démarches, vous pouvez consulter des guides spécialisés pour immatriculer une voiture importée de l’étranger.
La demande de carte grise (ANTS) et le coup de massue du Malus écologique
Une fois tous ces documents en poche, la dernière ligne droite administrative se joue sur le site de l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés). C’est là que vous demanderez votre carte grise française. Il vous faudra rassembler une panoplie de documents : le COC, le quitus fiscal, le contrôle technique de moins de 6 mois, un justificatif d’identité et de domicile, la carte grise allemande originale (Fahrzeugschein parties I et II), et bien sûr, la facture d’achat ou le certificat de cession. Le coût de la carte grise dépendra de la puissance fiscale de votre véhicule et de votre région, mais comptez tout de même entre 200 et 800 euros pour un véhicule standard.
Et là, arrive le moment de vérité pour certains : le malus écologique. Si votre nouveau joujou émet plus de 123 g de CO2/km (seuil pour 2026), vous devrez payer cette taxe. Les montants sont identiques à ceux appliqués aux véhicules neufs. Pour un véhicule émettant 150 g/km, le malus atteint environ 1 500 euros. Au-delà de 200 g/km, la facture peut littéralement exploser, dépassant les 20 000 euros ! Mais il y a un petit twist : ce malus subit une décote annuelle de 10% par année d’ancienneté. Par exemple, une Audi V8 de 2015 qui aurait un malus de 8 000 euros si elle était neuve, verrait ce malus diminué de 10% par an. Si vous l’achetiez en 2024 (9 ans d’ancienneté), le malus à payer serait de 800 euros. Et si vous attendiez 2025, il serait même nul ! Renseignez-vous bien avant l’achat sur ce point pour éviter les mauvaises surprises qui peuvent rendre une bonne affaire moins bonne. Si vous souhaitez importer une voiture d’Allemagne, un guide complet peut vous aider sur des sites comme Marcel Autos 38 ou Automano.
Les petits (et gros) pièges qui vous feront dire « Oh, zut ! »
Vous avez bravé la recherche en ligne, inspecté le VIN, décortiqué le Scheckheft, et presque maîtrisé les arcanes de l’ANTS. Mais comme un voyant moteur qui s’allume sans prévenir, il reste quelques pièges insidieux, capables de transformer votre rêve allemand en cauchemar mécanique et financier. Ne baissez pas la garde, même au moment de la signature, car le diable se cache souvent dans les détails (et parfois sous la peinture !).
Quand le « sans accident » cache des cicatrices : l’œil de l’expert, ou du mécano !
Le problème des voitures accidentées maquillées n’est malheureusement pas l’apanage de la France ; il existe aussi en Allemagne. Un véhicule gravement accidenté peut être réparé à moindre coût, puis revendu comme « Unfallfrei » (sans accident). Les annonces peuvent mentir, mais pas la carrosserie ! C’est là que l’œil de mécanicienne amateur devient indispensable. Inspectez les joints de carrosserie : sont-ils réguliers, sans trace de mastic grossier ? Vérifiez l’alignement des phares, des ailes et des portières. Ouvrez le capot et examinez les longerons, ces pièces maîtresses de la structure du véhicule. Toute trace de déformation, de soudure suspecte ou de peinture inégale doit vous alerter. En cas de doute, n’hésitez pas à faire inspecter le véhicule par un expert indépendant, un « Sachverstandiger ». Le coût (entre 100 et 200 euros) est un petit investissement pour une grande tranquillité d’esprit. Pour plus de précisions sur les points de vigilance, La Centrale propose des conseils utiles.
La TVA : Le diable est dans les détails (et le portefeuille !)
Voici un piège fréquent qui peut vous faire déchanter : certains vendeurs allemands, surtout les professionnels, proposent un prix HT (ohne MwSt) très attractif. Mais si vous êtes un particulier, vous devrez payer les 20 % de TVA en France ! Un véhicule affiché à 15 000 euros HT vous coûtera en réalité 18 000 euros TTC une fois la TVA française réglée. Vérifiez toujours, toujours, si le prix annoncé inclut la TVA (mit MwSt) ou non. Ne vous laissez pas séduire par un prix qui semble trop beau pour être vrai sans avoir clarifié ce point crucial. C’est une erreur coûteuse que de nombreux acheteurs ont déjà commise.
Garantie et rapatriement : Les dernières lignes droites pour une bonne affaire
Côté garantie, la prudence est de mise. Si vous achetez à un particulier allemand, il peut exclure toute garantie (« gekauft wie gesehen », acheté tel que vu). Les professionnels, eux, doivent offrir une garantie légale d’un an (Gewährleistung), mais certains essaient de la limiter via des clauses contractuelles. Lisez attentivement le contrat ! La bonne nouvelle, c’est que la garantie constructeur, si elle est toujours valide, s’applique dans toute l’Europe. Vérifiez la date de première mise en circulation et la durée de la garantie.
Le rapatriement du véhicule est un autre coût à anticiper. Plusieurs options s’offrent à vous :
| Option de Rapatriement | Coût estimé (indicatif) | Avantages | Inconvénients | Emoji |
|---|---|---|---|---|
| Conduite personnelle | 130-150 € (plaques + assurance) + carburant/péages | Moins cher, rapide, vous ramenez votre voiture vous-même | Fatigue, démarches pour plaques d’exportation (Ausfuhrkennzeichen) et assurance temporaire | 🚗 |
| Convoyeur professionnel | 500-800 € | Pratique, pas de fatigue, assurance comprise | Coût plus élevé, pas toujours disponible rapidement | 👨✈️ |
| Camion plateau | 700-1500 € | Le plus sûr, idéal pour véhicules de valeur ou non-roulants | Le plus cher, délais de livraison potentiellement plus longs | 🚚 |
Avant de signer le contrat d’achat, déroulez cette checklist ultime. Ne soyez pas timide, même si le vendeur vous fait les gros yeux :
- ✔️ Le VIN correspond partout (pare-brise, carte grise, compartiment moteur, plaque constructeur).
- ✔️ Le Scheckheft est complet avec des tampons réguliers et des kilométrages cohérents.
- ✔️ Le TUV est valide et récent (idéalement de moins de 6 mois).
- ✔️ Le kilométrage est cohérent avec l’âge, l’usure et les documents d’entretien.
- ✔️ Le COC est disponible ou le vendeur s’engage par écrit à le fournir.
- ✔️ Le prix inclut la TVA ou vous avez calculé le coût réel TTC.
- ✔️ La carrosserie est saine : pas de traces de réparation, joints réguliers, peinture uniforme.
- ✔️ L’essai routier est concluant : pas de bruits suspects, boîte de vitesses fluide, direction stable.
- ✔️ Le contrat mentionne les conditions de garantie et l’état du véhicule.
- ✔️ Vous avez l’original de la carte grise allemande (Fahrzeugschein parties I et II).
Avant de vous déplacer, demandez toujours le numéro VIN au vendeur et vérifiez-le. C’est gratuit et ça vous donnera une idée instantanée du modèle, de la motorisation et de l’année. Un outil comme Automano peut vous aider à vérifier le VIN gratuitement et vous éviter de faire le voyage pour rien. Une bonne préparation, c’est déjà la moitié de l’affaire réussie !
Quelles sont les voitures d’occasion allemandes les plus importées en France ?
Les Français sont particulièrement friands de la Porsche 911 dans le segment des véhicules de luxe. Pour les modèles plus grand public, la Volkswagen Golf est très populaire pour sa fiabilité et son économie. Les Audi A4 et BMW Série 3 sont également des best-sellers de l’importation d’occasion.
Est-il plus avantageux d’acheter à un particulier ou à un professionnel allemand ?
Acheter à un professionnel offre plus de garanties légales (1 an de Gewährleistung) et un historique souvent plus traçable. Cependant, les prix peuvent être légèrement plus élevés. L’achat à un particulier peut permettre de réaliser de meilleures affaires, mais les risques sont accrus : pas de garantie légale et moins de protection en cas de problème. Il est impératif d’être encore plus vigilant avec un particulier.
Combien de temps faut-il prévoir pour importer et immatriculer une voiture d’Allemagne ?
En général, le processus complet, de l’achat à l’obtention de la carte grise française, peut prendre entre 2 et 4 semaines. Les délais peuvent varier en fonction de l’obtention du Certificat de Conformité (COC), des rendez-vous pour le contrôle technique et du traitement de votre dossier par l’ANTS. La préparation en amont est la clé pour minimiser les délais.
Comment s’assurer de la fiabilité du vendeur en Allemagne ?
Que ce soit un particulier ou un professionnel, la transparence est essentielle. Pour les professionnels, vérifiez leur réputation en ligne, leur ancienneté et les avis clients. Pour les deux, demandez un maximum de documents (VIN, Scheckheft, TUV), n’hésitez pas à appeler les garages mentionnés dans l’historique d’entretien, et demandez toujours des photos détaillées ou une visioconférence. Si le vendeur est réticent à fournir des informations ou à vous laisser inspecter le véhicule, passez votre chemin !

